Les professeurs devront apprendre à travailler avec les policiers

Les professeurs devront apprendre à travailler avec les policiers

Le Figaro du 16/01/2008

Un plan, annoncé aujourd’hui par les ministres de l’Éducation et de la Justice, vise à lutter contre un phénomène de plus en plus inquiétant.

Trop c’est trop.

La multiplication des actes de violence dans les établissements scolaires a incité les ministres de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, et de la Justice, Rachida Dati, à prendre de nouvelles mesures contre la violence à l’école, dans le cadre d’un plan qu’ils présentent aujourd’hui à la Sorbonne. Une annonce qui prend un relief tout particulier alors qu’un élève d’un lycée professionnel a été attaqué lundi à coups de couteau par un de ses camarades à Sablé-sur-Sarthe.

L’un des piliers du nouveau dispositif consiste en une coopération plus étroite entre les collèges et lycées d’une part et les magistrats, comme cela se fait déjà dans quelques académies et en particulier à Paris.

Une « convention visant au mode de transmission des signalements d’infractions en milieu scolaire », prévoit ainsi que le chef d’établissement signale au procureur de la République tout acte délictueux porté à sa connaissance dans l’exercice de ses fonctions. À Paris, le contact passe par les commissariats d’arrondissement, qui disposent de « missions prévention et communication ». Le commissariat transmet ensuite l’infraction au parquet du tribunal de grande instance, avec d’éventuels éclairages sur la situation du quartier, des jeunes concernés et de leur famille.

Le magistrat peut ensuite décider de la suite à donner, d’une simple mise en garde du jeune par un policier référent, auquel le chef d’établissement peut faire appel, à une enquête ou encore des propositions éducatives. Dans chaque collège et lycée, le chef d’établissement peut ainsi signaler au policier référent les incivilités et les actes de violence en temps réel. Selon un premier bilan de cette convention, dressé en décembre, sur 1233 faits recensés par la police aux abords ou dans les établissements solaires entre le 1er février et le 28novembre 2007, 125 ont donné lieu à un signalement au moyen de la convention.

Des avocats bénévoles

Autre volet de ce plan, l’extension à l’ensemble de la France de la convention entre le ministère de l’Éducation nationale et l’association Initiadroit. Créée en 2005, cette association compte 460 avocats qui interviennent de manière bénévole dans les établissements scolaires pour expliquer de manière très concrète le droit aux élèves.

Selon la présidente de cette association, Lucile Rambert, « il faut que les jeunes aient conscience que le droit rythme leur vie ». Il s’agit notamment de compléter les cours d’éducation civique, juridique et sociale.

L‘association a déjà signé une convention avec le barreau du Val-d’Oise, avec l’académie de Versailles et avec le barreau de Bordeaux. D’autres régions comme celle de Bordeaux, Aix, Créteil ou encore Grenoble se sont dites intéressées. Mais la convention prévoit également de renforcer la présence des avocats dans les établissements scolaires lorsqu’il y a des problèmes de violence.

Troisième idée : mieux protéger les enseignants des agressions dont ils peuvent faire l’objet dans l’exercice de leur fonction. Des violences qui se multiplient plus particulièrement depuis trois ans. S’il reconnaît l’urgence de lutter contre cette violence, Michel Richard, secrétaire national du SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement, s’interroge : « La superposition des plans violence est-elle vraiment une solution ? Il serait plus efficace de procéder à une évaluation des mesures prises ces quinze dernières années »

mis en ligne le mercredi 16 janvier 2008
par ML



  
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