Maternelle exigée... à trois ans

Maternelle exigée... à trois ans

Dans un rapport, le linguiste Alain Bentolila préconise la scolarité obligatoire des enfants de trois ans mais y renonce pour ceux âgés de deux ans.

Contre-productive à deux ans, indispensable à trois : un rapport du linguiste Alain Bentolila préconise de rendre obligatoire la scolarisation à partir de trois ans mais d’y renoncer progressivement pour les enfants de deux ans.

Remis mercredi dernier au ministre de l’Éducation, le texte entend recadrer les objectifs assignés à l’école maternelle. Enjeu prioritaire : la maîtrise de la langue par tous les élèves, estime Alain Bentolila. Or, déplore-t-il, l’école maternelle fait aujourd’hui « illusion », en ne permettant pas toujours aux enfants d’entrer dans une logique d’apprentissage. « Le bien-vivre a parfois pris le pas sur le bien-apprendre » et de nombreux enfant arrivent en CP « en situation d’extrême insécurité linguistique », déplore-t-il.

Afin de remédier à ce problème, le chercheur recommande quelques mesures disparates, comme d’apprendre aux élèves chaque jour un mot nouveau. Il préconise, surtout, de redéfinir l’école maternelle comme une « école à part entière et non plus entièrement à part ». Pour ce faire, Alain Bentolila propose de l’inscrire très clairement dans le cadre de l’obligation scolaire.

L’âge de la scolarité obligatoire passerait donc de six ans actuellement (niveau CP) à trois ans. Le but est double, expose le linguiste : imposer une présence régulière des enfants à l’école maternelle, aujourd’hui rendue aléatoire de part son caractère facultatif. Et contraindre l’institution scolaire « à préparer un parcours de la maternelle vers l’élémentaire », ponctué d’objectifs concrets.

Mais Alain Bentolila vilipende également « l’impatience éducative » qui pousse à scolariser les enfants dès deux ans. Elle transforme l’école en garderie, déplore-t-il en substance, et affaiblit la médiation familiale, que le chercheur circonscrit au rapport mère-enfant. Il préconise donc d’y renoncer progressivement. Ce que de nombreuses écoles font déjà, faute d’instituteurs pour accueillir les enfants.

Marie-Noëlle Bertrand L’Humanité

mis en ligne le mercredi 26 décembre 2007
par ML



  
BRÈVES

Free counter and web stats