Un rapport pointe le niveau médiocre en histoire-géo

Un rapport pointe le niveau médiocre en histoire-géo

Aude Sérès LE FIGARO 27/12/2007


En fin de primaire, 41,7% des élèves sont jugés en difficulté dans ces matières.

Selon une étude que vient de publier le ministère de l’Éducation nationale, « seuls 28 % des élèves maîtrisent de façon satisfaisante les exigences de compétences et de connaissance attendues par les programmes d’histoire et géographie en fin de primaire ». 41,7% des élèves sont jugés en difficulté (26,7%) ou en grande difficulté (15%). À croire que les noms de Jeanne d’Arc, de Louis XIV, la localisation de la Seine ou de l’Asie sont trop souvent méconnus des apprentis collégiens... Au total, 7688 élèves de CM2 ont été testés en 2006 à partir de 32 thèmes contenant chacune 10 questions.

Il s’agissait entre autres de nommer un personnage à partir d’une image, localiser sur une carte un fleuve et un pays, mais aussi situer des personnages et des événements dans le temps ou encore relier des événements par ordre chronologique. À cet égard, l’étude révèle que les lacunes portent plus sur l’interprétation et la chronologie que sur la connaissance ponctuelle des faits historiques.

Faut-il incriminer les programmes, le traitement qu’en font les enseignants ou des difficultés de compréhension liées à une mauvaise maîtrise du français ? Le rapport note à cet égard que beaucoup d’enseignants estiment que les programmes sont très ambitieux et s’autorisent à ne pas traiter tous les points de chaque chapitre (48%), voire des chapitres entiers (28%). Autre point : « Une des difficultés est de distinguer la part qui est due à la maîtrise du langage et de la langue française et ce qui est dû aux compétences propres à l’histoire, à la géographie et à l’éducation civique ». Quoi qu’il en soit, le pourcentage d’élèves en difficulté dans ces matières ressemble étrangement à celui avancé fin août par le Haut Conseil à l’Éducation, qui indiquait que 4 élèves sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes en lecture, écriture et calcul.

« Lacunes en français »

Un deuxième rapport évoque le niveau des élèves dans ces matières à la fin du collège. Elle montre que 43,1% des 5856 élèves testés réussissent moins de la moitié des thèmes proposés, principalement sous la forme de questions à choix multiples. Au total, 15% ont très peu de connaissances ou très fragmentaires et restreintes et 28,1% ont plus des difficultés d’interprétation.

Selon Éric Till, secrétaire général de l’association des professeurs d’histoire-géographie, « ces résultats sont loin d’être satisfaisants, d’autant qu’ils montrent qu’il n’y a pas de progression entre l’école et le collège ». Et d’ajouter que « les difficultés sont souvent liées à des lacunes en français, ce qui oblige les enseignants en histoire-géographie à mettre également l’accent sur la lecture et l’écriture ». Autre point soulevé, certains aspects du programme font l’objet d’un traitement plus léger. Un rapport de l’Inspection générale de l’éducation nationale datant de fin 2005 avait d’ailleurs jugé sévèrement le rôle des enseignants d’histoire-géographie. Par ailleurs, le programme d’histoire et géographie de 6e est en cours de refonte et devrait être présenté au printemps au Haut Conseil de l’éducation pour être appliqué à la rentrée 2009-2010.

mis en ligne le vendredi 28 décembre 2007
par ML



  
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