Les évaluations des écoliers bientôt sur Internet

Les évaluations des écoliers bientôt sur Internet

Aude Sérès

En dévoilant les résultats par établissement, le ministre ne craint pas de mettre les enseignants et les écoles en concurrence.

C’est une petite révolution qui se prépare dans les écoles primaires. Elle consistera à afficher de manière transparente, probablement par Internet, le niveau des élèves de CE1 et de CM2, par école et cela au niveau national. Chaque année, les écoliers de ces sections sont évalués. C’est grâce aux résultats de ces tests nationaux qu’on déplore par exemple que 15% des petits Français entrent en 6e sans savoir lire.

Les temps changent donc. Au plus tard pendant l’année scolaire 2008-2009, il sera possible de connaître le niveau en maths et en français des élèves de telle école,à l’image de ce qui se passe en Grande-Bretagne. Cette réforme s’intègre dans le plan lancé par Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, pour réduire l’échec scolaire dans le primaire. Selon le Haut Conseil de l’Éducation, 15% des élèves qui entrent au collège ont non seulement de graves lacunes dans le domaine de la lecture, de l’écriture mais aussi en mathématiques, un chiffre qu’il s’agit de ramener à 5% d’ici à trois ans.

Détecter les élèves en difficulté

L’une des mesures emblématiques est la suppression des cours le samedi matin, un temps qui sera utilisé pour aider de manière personnalisée les élèves en difficulté.

Mais le ministre veut aussi donner à l’école les moyens de connaître sa propre efficacité. En clair, y instiller la culture du résultat. Certes, les élèves sont déjà évalués. En particulier, en début d’année scolaire, les élèves de CE1 passent une batterie de 70 items en français et en mathématiques en deux séances. Il s’agit, par exemple, de dictées de syllabes, de petites additions, des compréhensions de lecture ou encore de mots mal écrits à corriger. Une deuxième batterie de tests permet d’approfondir les difficultés pour les élèves qui n’ont pas su répondre correctement à certains exercices cibles.

En réalité, il s’agit actuellement de détecter les élèves en difficulté. « Nous avons transmis les résultats à l’inspecteur d’académie, explique une enseignante du Val-d’Oise. Par ailleurs, j’ai pris l’initiative de signaler aux parents si leur enfant présentait des difficultés à l’issue de ce test. » Les écoles sont aussi censées transmettre les résultats au conseil d’école. Ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là. « On ne nous a rien communiqué, alors qu’on devait nous réunir », proteste Valérie, mère d’élève. Des tests similaires sont également pratiqués en CM2.

Mais les nouveaux tests que vont mettre en place les services de l’Éducation nationale seront passés non plus en début d’année, mais en milieu d’année. Ils permettront non plus de détecter des difficultés, mais de juger le niveau atteint, en fonction d’une définition très précise des connaissances qu’un élève doit avoir acquises en fin de CE1 et de CM2. Cette perspective attire certains parents. « J’ai trois enfants dans l’école, je serai la première à regarder ! », confie une mère, qui estime avoir « le droit le plus strict » de savoir quel est le niveau de l’école de ses enfants. Certains enseignants sont plus circonspects. « Cela pourrait stigmatiser des écoles et les entorses à la carte scolaire pourraient se multiplier si on affiche les résultats », s’inquiète l’un d’entre eux. Car si la carte scolaire dans le primaire résiste encore, les différences d’une école à l’autre vont forcément donner des idées aux parents. « C’est important d’être informé sur le niveau de l’école de son enfant », explique une autre mère d’élève. .

mis en ligne le mardi 18 décembre 2007
par ML



  
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