Les enfants de fumeurs ont plus de risques de devenir accros

Les enfants de fumeurs ont plus de risques de devenir accros

Alexandra Echkenazi

mardi 23 octobre 2007

Tel père, tel fils... Avoir des parents fumeurs accroît le risque des adolescents de devenir accros à la cigarette. C’est la conclusion d’une étude scientifique menée à Tours. Nos conseils pour aider vos enfants à ne pas commencer...

LES ADOS de parents fumeurs ont plus de risques que les autres de devenir accros à la nicotine. C’est le résultat d’une étude qui vient d’être publiée dans le dernier numéro de « la Presse médicale », menée par le département de psychologie de l’université Rabelais et le CHRU de Tours sur 542 élèves de 17 ans et 312 parents. « L’influence est tout d’abord héréditaire.

On sait que la dépendance s’explique pour une grande partie d’une manière génétique. Si un parent est dépendant à la cigarette, il y a de gros risques d’un point de vue génétique que son enfant le devienne aussi », souligne le docteur Robert Courtois, rapporteur des travaux. Mais avant la dépendance, il y a l’initiation.

Et là, ce n’est pas une histoire de gènes mais de comportement familial. Ainsi lorsque aucun des parents ne fume, seulement un lycéen sur quatre en grille une régulièrement. Ce chiffre est multiplié par trois lorsque le père et la mère sont accros : dans ce cas, deux tiers des jeunes tombent dans le piège de la cigarette.

Quatre sortes de comportements parentaux

« Notre étude montre que l’attitude des parents vis-à-vis de la cigarette, leur niveau de dépendance et leur mode d’éducation ont une influence sur le tabagisme chez leur enfant », poursuit le spécialiste. Selon les données recueillies par les chercheurs, 70 % des lycéens interrogés ont déjà fumé au moins une fois et 12,5 % sont des consommateurs quotidiens (jusqu’à un paquet par jour). Du côté des parents, 178 sont des accros aux blondes et aux brunes, avec une majorité de pères. Or ce sont ces derniers qui influencent le plus l’avenir tabagique de leurs enfants. « Plus le père est dépendant, plus l’ado a des risques de suivre son exemple », décrypte le spécialiste. Les mères fumeuses, elles, ne semblent pas constituer un modèle pour leur progéniture. Toutefois, cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas un rôle à jouer pour prévenir le tabagisme de leurs ados. « Plus proches d’eux, ce sont elles qui par leur attitude éducative vont limiter les dégâts », souligne Robert Courtois. Les chercheurs ont distingué quatre sortes de comportements chez les 312 parents : le style « autoritaire », qui se caractérise par la discipline, le respect des règles et très peu d’intérêt pour les opinions et les sentiments de leurs enfants ; le style « négligent » dans lequel les parents se déchargent de leurs responsabilités ; le style « indulgent », qui se manifeste par de la compréhension mais sans exigence ; le style « vigilant », caractérisé à la fois par l’écoute et certaines règles. « C’est clairement cette dernière attitude, et lorsqu’elle est adoptée par la mère, qui est apparue la plus efficace contre le tabagisme adolescent », commente le médecin. Au contraire, les autres styles éducatifs sont associés à une augmentation de l’usage de la cigarette. Autre enseignement, l’initiation tabagique est aussi plus précoce en cas de consommation parentale. « Ce qui n’est pas une bonne chose puisque plus on commence tôt, plus on a de risques de devenir dépendant et de fumer longtemps », précise Robert Courtois. Enfin, les garçons semblent légèrement plus influençables que les filles.

mis en ligne le mercredi 24 octobre 2007
par ML



  
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