Lycée : Récupérer le mois de juin ou changer le système ?

Lycée : Récupérer le mois de juin ou changer le système ?

"L’année scolaire commence au début du mois de septembre et devrait se terminer à la fin du mois de juin. Or, dans les lycées et parfois même dans certaines cités scolaires où se déroulent des épreuves du baccalauréat, ce temps scolaire n’est pas respecté et les conseils de classe, qui scellent l’avenir des élèves, se tiennent bien souvent à la fin du mois de mai. Cette situation entraîne, pour les lycéens, la perte d’un mois de scolarité par an". Xavier Darcos entend y remédier pour que les élèves aient tous la même durée d’enseignement et pour aider les enseignants à finir les programmes...

Comment faire ? Il entend jouer sur deux leviers. D’abord trouver de nouveaux locaux pour le bac, " le but étant de conserver les locaux (scolaires) pour accueillir les classes qui ont encore cours". Ensuite "employer de la manière la plus efficace les équipes d’enseignants afin qu’elles restent disponibles pour dispenser les cours aux lycéens qui ne passent pas d’examen". X. Darcos annonce qu’il expérimentera ces mesures dès cette année dans 5 académies (Rouen, Amiens, Dijon, Besançon et le département du Vaucluse). On ne sait pas si le calendrier des examens sera modifié dans ces académies.

L’intention est louable et répond à la demande de parents qui ne savent pas quoi faire de leurs enfants en juin. Mais elle risque de compliquer sérieusement l’organisation du baccalauréat et de nuire à la sérénité des épreuves. Ce n’est pas par hasard que les épreuves ont lieu dans les établissements scolaires. L’examen nécessite des locaux calmes, éclairés et ventilés, du mobilier scolaire, la présence d’un secrétariat efficace et bien installé, une liaison Internet...

Alors pourquoi prendre ce risque ? C’est que cette réorganisation n’est pas sans rapport avec la redéfinition du métier d’enseignant et les recommandations de l’audit sur le lycée et du "rapport sur les décharges statutaires des enseignants du second degré". Tous deux demandent l’allongement des services (jusqu’à 36 semaines de cours) de façon à maintenir un certain volume horaire de cours dans un lycée où les horaires hebdomadaires seraient nettement amputés. Moins d’heures hebdomadaires, permettant d’avoir moins d’enseignants, mais un nombre de semaines plus important peuvent assurer un bagage minimum aux lycéens tout en réduisant sensiblement le budget. Un autre axe était envisagé par les audits : la réduction du nombre d’épreuves finales à l’examen de façon à en simplifier et écourter le déroulement, la plupart des disciplines se passant en contrôle continu.

Cette expérimentation préfigure donc peut-être les décisions de la Commission sur le métier d’enseignant. On y surveillera d’éventuelles adaptations du calendrier d’examen et du type d’épreuves.

mis en ligne le vendredi 5 octobre 2007
par ML



  
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