Partir étudier dans un lycée à l’étranger

Partir étudier dans un lycée à l’étranger LE MONDE | 18.09.07

Passer une année scolaire dans un lycée à l’étranger est une expérience inoubliable mais qui nécessite une forte motivation. D’autant que le coût est élevé : entre 5 000 et 8 000 euros, selon la destination et l’organisme.

Fanny Gallicier est partie, à 17 ans, par l’intermédiaire de l’association AFS Vivre sans frontière, en Australie, avec la ferme volonté de revenir en parlant couramment anglais, cette langue qui lui résistait tant en classe. De Thiais (Val-de-Marne), elle s’est retrouvée en février 2005 (date de la rentrée scolaire) à Yeppoon, près de Rockhampton, au bord de l’océan, dans une maison nichée dans une forêt d’eucalyptus.

Le foyer australien qui l’accueillait bénévolement est devenu une seconde famille. Jugeant l’école publique locale peu fréquentable, ses "parents" d’accueil - elle avait choisi de les appeler Mum et Dad - l’ont scolarisée à leurs frais dans un lycée catholique en terminale. A part trois matières obligatoires (religion, mathématiques, anglais), elle a pu se fabriquer un emploi du temps à la carte : rugby, tennis, netball, volley et cuisine.

"Les élèves choisissent leurs matières en fonction des études qu’ils comptent faire ensuite, explique Fanny. Le niveau est moins bon qu’en France, mais on a de vrais liens de sympathie avec les profs." Sur place, elle s’est fait des amis du monde entier avec lesquels elle parlait, bien sûr, en anglais.

Quitter sa famille d’accueil a été un crève-coeur. Retrouver le train-train quotidien après cette année exceptionnelle n’a pas été évident non plus. "On m’avait dit que le plus dur serait l’adaptation au pays étranger, mais c’est le retour qui, pour moi, a été très difficile", admet-elle. Fanny, qui compte rendre visite à sa famille australienne l’an prochain, poursuit une licence de géographie.

"PLUS TOLÉRANTE"

Partie à 17 ans à Wanganui, en Nouvelle-Zélande, avec le même organisme que Fanny, Nina Faulquier a eu elle aussi du mal à retrouver ses marques en rentrant. "Quand on rentre, on a tellement changé, souligne-t-elle. C’est difficile de renouer avec ses amis." Mais elle ne regrette rien. Outre le fait de maîtriser une nouvelle langue et d’avoir découvert une nouvelle culture, elle s’estime aujourd’hui "plus tolérante, plus ouverte".

Maxime Bichon a fait à 18 ans le grand saut vers les Etats-Unis, par l’intermédiaire de l’association Programmes internationaux d’échanges (PIE). Très motivé, il a réfléchi pendant des mois à la meilleure façon de convaincre ses parents. Perdre une année scolaire n’avait pour lui pas d’importance au regard de ce qui l’attendait. "Je voulais partir seul, faire une pause dans ma scolarité et voir où j’en étais sur moi-même, comprendre la culture américaine au-delà des jugements sur la guerre en Irak."

Accueilli à West Hartford (Connecticut) par un couple accaparé par deux enfants en bas âge, il a vite voulu changer de foyer. Plutôt que de faire appel au responsable local de PIE, il s’est débrouillé seul et s’est finalement installé chez une conseillère d’orientation du lycée. "Les filles du couple, plus âgées, avaient quitté le domicile et ils étaient heureux de se retrouver avec un grand ado à la maison", raconte Maxime.

Nouer des liens amicaux au lycée n’a pas été si facile. "Au départ, tous mes camarades me demandaient mon numéro de téléphone mais personne n’appelait jamais, dit-il. Alors c’est moi qui les ai appelés." Du statut de petit Français en voyage linguistique, il est passé à celui d’ami, intégré à la vie du groupe. Revenu en France, Maxime a gardé le goût de la découverte. Son objectif : faire des études sur la côte pacifique du Canada (anglophone).

L’Union nationale des organisations de séjours de longue durée à l’étranger (UNSE) regroupe des organismes spécialisés, dont AFS Vivre sans frontière est le pionnier en France. Créée au lendemain de la seconde guerre mondiale par des étudiants de grandes universités américaines, AFS Vivre sans frontière est la branche française d’AFS Intercultural Programs, présent dans 50 pays.

En 2006, l’association a envoyé plus de 200 lycéens français à l’étranger ; 18 jeunes ont écourté leur séjour. "Nous imposons un retour anticipé pour les jeunes qui sont surpris à se droguer, à conduire ou à faire de l’auto-stop, explique Philippe Paccatier, le directeur. Très peu rentrent parce qu’ils ne s’adaptent pas."

Le candidat au départ doit "être motivé, avoir de bons résultats scolaires, ne pas avoir de problèmes familiaux, car l’expérience qui l’attend est difficile à vivre", poursuit M. Peccatier. Pour lui, l’année scolaire perdue est avant tout un problème pour les parents et pour les lycées, pas pour les élèves. "Sur le long terme, c’est cinq ans de gagné", confirme Pascal Blox, secrétaire général de l’Office national de garantie des séjours et stages linguistiques, également directeur à PIE.


 [1]

Martine Laronche

Article paru dans l’édition du 19.09.07.


[1] UNSE : www.unse.org

PIE : www.piefrance.com

AFS : www.afs-fr.org

mis en ligne le jeudi 20 septembre 2007
par ML



  
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