Campagne sur une contraception "choisie", pour limiter le nombre d’IVG

Campagne sur une contraception "choisie", pour limiter le nombre d’IVG

Le gouvernement a lancé mardi une campagne de communication pour promouvoir une "meilleure contraception", une "contraception choisie", afin de réduire le nombre d’IVG, toujours stable en France malgré une large diffusion des méthodes contraceptives.

Quarante ans après la loi Neuwirth légalisant la contraception, la France connaît une situation paradoxale. Le taux de contraception y est l’un des plus élevés au monde, seules moins de 5% des femmes concernées n’utilisant aucune méthode contraceptive, tandis que le nombre d’interruptions volontaires de grossesse reste stable et élevé, autour de 200.000 par an.

Près de deux grossesses non prévues sur trois surviennent chez des femmes déclarant utiliser un moyen contraceptif et la moitié de ces grossesses se termine par une IVG.

"Cela montre à l’évidence que la contraception est mal adaptée", a affirmé à la presse la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en présentant une campagne de communication de trois ans, ciblée sur les jeunes et les femmes les plus vulnérables.

La campagne s’appuiera sur un film illustrant le slogan "la meilleure contraception, c’est celle que l’on choisit", diffusé sur les principales chaînes de télévision puis au cinéma, et sur des spots radio.

L’information passera aussi par un site internet (www.choisirsacontraception.fr) et une plate-forme téléphonique (0 800 235 236).

"La contraception n’est pas un acte mécanique et consumériste. Pour être bien suivie et bien acceptée, elle doit être choisie et adaptée à chacune", a estimé Mme Bachelot.

D’après le baromètre santé de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), les Françaises utilisent en priorité la pilule (60%), puis le stérilet (20%) ou le préservatif (11%).

Une "norme médicale contraceptive" s’est peu à peu imposée, les médecins privilégiant la méthode qu’ils jugent la plus efficace, et qui n’est pas forcément la mieux adaptée au mode de vie des femmes, comme la pilule, au détriment du stérilet.

Un nombre important d’IVG s’explique par des "ratés" dans la gestion quotidienne de la contraception. Une femme sur cinq déclarait dans une récente enquête oublier au moins une fois par mois sa pilule.

Le recours à la contraception d’urgence, qui reste mal connue, est encore inégal. 13,7% des femmes avaient utilisé en 2005 la "pilule du lendemain", délivrée en pharmacie sans ordonnance et gratuitement aux mineures, contre 8,4% en 2000.

La campagne s’adresse aux très jeunes, une brochure "questions d’ados" sera diffusée via les réseaux associatifs, lieux de loisirs et infirmières scolaires.

Pour autant, la ministre a affirmé qu’elle était opposée à la gratuité de la contraception pour les jeunes, recommandée en décembre 2006 par le Haut conseil de la population et de la famille, qui rappelait le nombre élevé d’IVG de mineures, 13.000 par an.

Elle a regretté cependant les "résistances" des responsables d’établissements scolaires à autoriser l’installation de distributeur de préservatifs dans les lycées.

Plus globalement, la ministre s’est donné comme objectif d’"améliorer la santé des femmes", notamment en situation de précarité, notant un autre paradoxe français : si l’espérance de vie des femmes en France est l’une des plus élevées d’Europe (près de 83 ans en 2003), la durée de vie sans incapacité y est inférieure de deux ans à la moyenne européenne (63,9 ans).

mis en ligne le mercredi 12 septembre 2007
par ML



  
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