Pour les syndicats, le discours de Sarkozy sur l’éducation est "déconnecté des réalités"

Les principaux syndicats de l’éducation ont critiqué la lettre adressée aux enseignants par Nicolas Sarkozy mardi 4 septembre, estimant qu’elle était "déconnectée des réalités", tout en accumulant les contradictions.

"D’un côté, il souhaite élever le niveau des élèves, mais en même temps, il propose une sélection nouvelle à l’entrée en sixième et en seconde", a regretté Patrick Gonthier, secrétaire général de l’UNSA. "Le président s’est adressé à la fois à ceux qui veulent démocratiser l’école et à ceux qui veulent la rendre plus sélective, mais le point d’équilibre n’a pas été trouvé. La vision de l’école qu’on en retire est celle de grandes idées et de grands principes dont on a du mal à trouver les points concrets", a-t-il poursuivi.

M. Gonthier a également fustigé "une revalorisation en trompe l’œil", estimant "que des postes seront supprimés et que de surcroît, il faudra accepter le principe du mérite ou de la performance".

"ILLUSION"

Pour le président de la FSU, Gérard Aschieri, le discours du président faisait "illusion". "Mais quand on gratte, [sa] position sur la politique éducative n’est pas à la hauteur des défis réels de l’’école aujourd’hui, a-t-il conclu. On note des faiblesses très fortes dans cette lettre, par exemple le poids des inégalités sociales à l’école est complètement absent."

En outre,"rien n’est dit sur la nécessité d’améliorer les pratiques des enseignants. Rien n’est évoqué non plus sur les personnels autres que les enseignants. Il n’y a pas un mot sur les formations des maîtres", a énuméré M. Aschieri.

Pour sa part, la FCPE, principale fédération des parents d’élèves, s’est dite partagée. D’un côté, elle a apprécié que M. Sarkozy rappelle son attachement "à de nombreux principes, comme la laïcité, la priorité donnée à la maternelle ou la nécessité de donner du sens aux apprentissages et de privilégier les méthodes pédagogiques actives".

Toutefois, elle s’inquiète "des propos (...) sur la réforme du collège unique, la disparition de la sectorisation et sur la nécessité pour l’élève de faire ses preuves pour pouvoir entrer en sixième, puis en seconde".

mis en ligne le mardi 4 septembre 2007
par ML



  
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