Faire l’école buissonnière le samedi matin... les avis sont partagés

Lundi 3 septembre 2007

Question récurrente de rentrée, les rythmes scolaires et notamment l’aménagement de la semaine avec ou sans samedi libre est tout sauf consensuelle chez les acteurs de l’Ecole, alors que Xavier Darcos a "le projet" d’unifier les situations en faisant un sort aux samedis.

"C’est un projet au stade de la réflexion mais je souhaite qu’on avance assez vite", a dit lundi le ministre aux journalistes, en marge d’un déplacement à Roubaix (Nord).

Dans un entretien au Parisien lundi, il cite en contre-exemple la situation parisienne où "la règle est d’avoir cours un samedi sur deux". Pour M. Darcos, "ce n’est pas forcément idéal pour la vie familiale, pour les inscriptions aux sports et les autres activités".

Le ministre n’entend pas, comme au collège ou au lycée, étudier la manière de réduire le volume horaire obligatoire des élèves, mais bien regrouper l’ensemble des cours sur cinq jours.

Selon lui, "toutes les familles sont demandeuses".

Affirmation que n’a pas vérifiée sur le terrain Eric Ferrand, adjoint au maire de Paris chargé de la Vie scolaire, lorsqu’il a été question de supprimer les cours le samedi matin dans toutes les écoles parisiennes.

"C’est un sujet sans consensus donc nous avons posé un moyen terme : un samedi sur deux et des ateliers gratuits pour les enfants volontaires payés par la collectivité", les samedi où il n’y a pas école, a-t-il précisé à l’AFP.

Pour cet élu, le fait que Xavier Darcos "raisonne sur la question de partir en week-end ou non est à l’opposé des préoccupations éducatives".

De fait, François Testu, chercheur spécialiste des rythmes scolaires à l’université de Tours, souligne que "le mot principal, c’est la régularité". "Le samedi matin, une des originalités de notre enseignement qui permettait d’étaler de manière harmonieuse les rythmes de l’enfant, a fait ses preuves, en diminuant les phénomènes de ruptures du week-end", a-t-il expliqué à l’AFP, en rappelant que les enfants mettaient du temps à revenir dans les apprentissages après une coupure.

"La libération du temps n’est pas forcément source d’épanouissement, les écarts se creusent entre ceux qui ont la possibilité d’être occupés et ceux qui ne l’ont pas", a-t-il ajouté, soucieux d’associer l’organisation d’activités (sport, culture, loisirs, etc) à la suppression du samedi matin.

Du côté des partisans de la semaine sans samedi, la principale fédération de parents d’élèves, la FCPE, réclame surtout des situations uniformes pour éviter que, dans une même famille, deux voire trois enfants n’aient pas les mêmes rythmes.

"Il existe un consensus sur les besoins familiaux et sociaux font que les parents ont besoin de deux jours avec les enfants", estime Faride Hamana, son président, qui rappelle que "la coupure du jeudi puis du mercredi n’avait pas été prévue par souci des rythmes de l’enfant mais pour dégager des heures de catéchèse !".

A la Peep, autre fédération de parents, on estime que la question des rythmes scolaires est plus cruciale au collège-lycée, où "les élèves ont parfois des journées de huit ou neuf heures".

"Les études qui existent sont parcellaires, les avis de nos collègues sont exactement partagés, il faudrait engager un débat profond et repenser la journée scolaire", en terme de pics de concentration et d’organisation des activités, suggère Gilles Moindrot, secrétaire général du principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU.

mis en ligne le mercredi 5 septembre 2007
par ML



  
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