L’école primaire jugée trop "résignée" devant l’échec des élèves en difficulté

L’école primaire jugée trop "résignée" devant l’échec des élèves en difficulté

LE MONDE | 25.08.07

Le rapport du Haut Conseil de l’éducation (HCE) consacré à l’école primaire, qui doit être rendu public lundi 27 août, est conforme à ce qu’en décrivaient (Le Monde daté du 24 août) certains de ses auteurs et destinataires : il critique durement les performances insuffisantes de ce maillon de la scolarité qui englobe l’école maternelle, qu’il n’épargne pas, et l’école élémentaire. "Notre école primaire (...) ne parvient pas, malgré la conscience professionnelle de son corps enseignant, à réduire des difficultés pourtant repérées très tôt chez certains élèves, et qui s’aggraveront tout au long de leur parcours scolaire", déclare-t-il.

Distinguant 60 % des élèves dont les résultats sont "acceptables ou satisfaisants", 25 % qui "ont des acquis fragiles" et 15 % qui "connaissent des difficultés sévères ou très sévères", le HCE déplore que l’école semble "s’être résignée à l’échec des élèves qui accumulent les insuffisances" et "se révèle (...) incapable de mettre en place un soutien et un rattrapage efficaces". Les chances d’accomplir une bonne scolarité étant "très fortement liées au niveau initial des compétences au cours préparatoire", il observe que, au lieu de se résorber, "les difficultés identifiées dès le début de la scolarité s’aggravent avec le temps".

Ce mauvais départ est parfois pris dès la maternelle où "presque tous les enfants sont scolarisés en petite section dès l’âge de 3 ans". Le HCE estime qu’elle "ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir l’école élémentaire", la première de ces conditions étant la maîtrise du langage oral. Or, outre son rôle d’accueil collectif, la maternelle "doit préparer les enfants à la lecture, au calcul et à tous les apprentissages de l’école élémentaire", tout en "développant des comportements favorables" à ces apprentissages. Se référant aux programmes, le HCE rappelle que la maternelle "est une véritable école", qui ne doit cependant pas oublier sa spécificité : au contraire, il déplore que ses méthodes "s’alignent souvent sur celles de l’école élémentaire", notamment en raison d’un manque de formation spécifique des enseignants. Il regrette aussi "la pression des familles pour que la petite école ressemble à la grande". "La question de la responsabilité de l’école maternelle dans l’échec scolaire à long terme ne peut être éludée", dit le rapport.

Dans son texte de 26 pages (consultable sur Lemonde.fr), le HCE juge par ailleurs "inefficace" le redoublement précoce. Il regrette que l’organisation de l’école primaire en "cycles" n’ait jamais été réellement mise en place, restant "en général un trompe-l’oeil", alors qu’elle est nécessaire à la mise en oeuvre du "socle commun" des connaissances. Le texte se plaint aussi d’une utilisation "insuffisante" des outils d’évaluation par les enseignants. Enfin, relevant un défaut de "pilotage" du primaire, le rapport met en cause une mauvaise répartition des ressources humaines, une formation "inadaptée aux besoins" et, sujet qu’il reconnaît "sensible", une "direction d’école sans véritable statut".

Ce rapport "noircit le tableau", a jugé, vendredi 24 août, le SNUipp-FSU, syndicat des enseignants du primaire, néanmoins d’accord sur les cycles et les redoublements.

De son côté, le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, a assuré, le même jour, qu’il comptait "s’inspirer de ce rapport" dans son action pour que l’école "se préoccupe de ceux qui sont le plus en difficulté".

Luc Cédelle Article paru dans l’édition du 26.08.07.

mis en ligne le samedi 25 août 2007
par ML



  
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