Le chantier de l’autonomie s’ouvre pour l’école

Le chantier de l’autonomie s’ouvre pour l’école Le Figaro - 07 juillet 2007

Après les universités, les établissements scolaires - un sur cinq à la rentrée 2008 - s’engagent sur le chemin d’une indépendance accrue.

UN NOUVEAU visage de l’école est en train de se dessiner. Dès la rentrée 2008, l’autonomie devrait être expérimentée dans 20 % des établissements scolaires. « On va lâcher la bride », a confié hier au Figaro Xavier Darcos, le ministre de l’Éducation nationale.

Dans un premier temps, seuls les volontaires seraient concernés. Déjà contenue dans le programme du candidat Sarkozy, la volonté de donner une plus grande marge de manoeuvre aux établissements a été réitérée dans la lettre de mission adressée jeudi au ministre par Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Sans commune mesure avec les nouveaux pouvoirs accordés aux universités, l’autonomie a pour objectif d’accorder une plus grande liberté pédagogique à l’équipe éducative. Les collèges et lycées seraient les premiers concernés. Les principes directeurs : donner au chef d’établissement une meilleure maîtrise de son budget, de ses effectifs, de l’organisation de ses cours et de ses heures d’enseignement pour lui permettre de mener à bien son projet pédagogique.

« Il faut qu’il dispose d’une dotation budgétaire dans laquelle il aura davantage de marge de manoeuvre », explique Xavier Darcos. Le directeur pourrait ainsi signer des contrats avec des associations sportives, faire appel à des intervenants extérieurs. Il devrait pouvoir adapter l’offre pédagogique aux particularités de l’établissement, en changeant les horaires, regroupant des cours, en donnant la priorité à certaines matières. S’il n’aura pas le pouvoir de recruter ses enseignants, il pourra demander des profils de postes pour faire face à des besoins particuliers.

« Contrat pluriannuel »

Ainsi, Xavier Darcos souhaiterait convaincre des professeurs chevronnés d’intervenir dans d’autres sites que leurs établissements de centre-ville. « Il ne s’agira pas de changer énormément de choses dans les textes mais surtout dans les têtes », estime le ministre qui note que si l’autonomie est déjà expérimentée dans de nombreux établissements, notamment en zone d’éducation prioritaire (lire ci-dessous), elle dépend essentiellement de la bonne volonté du chef d’établissement. L’idée de la renforcer est en gestation depuis une vingtaine années. Elle a été remise au goût du jour dans le rapport sur la condition enseignante remis par Xavier Darcos à Nicolas Sarkozy en mars 2006. Reste au ministère de l’Éducation nationale à mieux mettre en musique un principe appliqué encore trop diversement aux yeux du gouvernement.

L’idée séduit plutôt le SPDEN, syndicat des proviseurs : « Plutôt que de procéder comme actuellement, remarque Philippe Guittet, son président, en négociant au cas par cas avec les académies, il faudrait mettre en place un contrat pluriannuel pour élaborer un projet sur le long terme. »

En contrepartie de cette liberté, les établissements seraient évalués. Taux de redoublement, de réussite aux examens sont parmi les indicateurs envisagés. Les enseignants, dont les élèves progressent, pourraient être récompensés par des primes ou des accélérations de carrière leur ouvrant les portes des établissements de leur rêve.

mis en ligne le samedi 7 juillet 2007
par ML



  
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