Le gouvernement vise 17.000 suppressions de postes en 2008

Les apparences sont parfois trompeuses. En annonçant la semaine dernière que le nombre de postes supprimés à l’Education nationale tournerait « aux alentours de 10.000 » en 2008, Xavier Darcos avait fait sensation. Manifestement, le propos, s’il a eu le mérite de faire passer l’idée que le chiffre serait élevé, n’était que tactique pour un ministre pris entre le marteau de Bercy et l’enclume des syndicats. Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, s’est d’ailleurs bien gardé de confirmer quoi que ce soit... car l’arbitrage sera en réalité proche de 17.000, selon des sources gouvernementales.

En effet, la contribution de l’Education nationale au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera forcément très forte, même si l’Enseignement supérieur et la Recherche, désormais autonomes et politiquement prioritaires, seront épargnés : à elle seule, l’Education, avec 1,217 millions d’équivalent temps plein travaillé, représente une grosse moitié des bataillons de départ prévus l’an prochain, lesquels s’établiront à environ 35.000 au total. Les chiffres définitifs seront confirmés au moment des lettres plafonds qui partiront de Matignon au lendemain du débat d’orientation budgétaire, inscrit le 16 juillet à l’agenda de l’Assemblée nationale.

1 milliard d’économies Après l’Education, c’est la Défense qui fournira le plus gros effort, avec la suppression de quelque 6.000 postes. Viendront ensuite les Finances et l’Ecologie (ex-Equipement), où les contrats de performance triennaux déjà en vigueur prévoient le non-remplacement de deux départ en retraite sur trois l’an prochain, soit respectivement 3.000 et 1.700 postes supprimés, ainsi que l’Intérieur, avec 2.500 suppressions. Le solde sera réparti entre les autres ministères, sachant que la Justice bénéficiera d’un traitement de faveur puisque le président de la République a promis d’accroître ses moyens.

En année pleine, ce dispositif doit permettre de dégager 1 milliard d’euros d’économies, dont la moitié sera restituée aux fonctionnaires, selon le voeu de Nicolas Sarkozy. En 2008, le temps que la machine s’enclenche, seuls 250 millions d’euros devraient revenir dans les caisses de l’Etat. Mais comme l’explique Bercy, la réduction des effectifs vise aussi à rendre l’administration plus efficace. Et, surtout, elle ne touche ni les collectivités territoriales, ni l’hôpital.

Sur un plan pratique, les modalités seront arrêtées par le Conseil de la modernisation des politiques publiques. Cette instance, qui vient d’être créée pour engager une révision de la dépense en profondeur, est présidée par le chef de l’Etat lui-même. Sur la réforme de l’Etat, l’Elysée a bien l’intention d’être « très très ambitieux ».

GUILLAUME DELACROIX Les ECHOS

mis en ligne le lundi 9 juillet 2007
par ML



  
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