Choix du collège : c’est la grande pagaille

vendredi 8 juin 2007

Quelques jours après avoir annoncé l’assouplissement de la carte scolaire dès la rentrée 2007, le tout nouveau ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, s’est félicité du bon déroulement des opérations.

Un seul point noir s’est faufilé dans son discours de mercredi : Paris. « Les difficultés principales sont surtout dans la capitale », a-t-il glissé...sans développer.

40 % des élèves « trichent » déjà.

Connu comme « la capitale de l’évitement » avec 40 % des élèves qui entrent en 6 e dans un établissement extérieur à leur secteur, Paris risque en effet de vivre une sacrée pagaille dans ses 110 collèges...

Depuis l’annonce du ministre, affirmant que 10 % de dérogations supplémentaires seraient accordés « dès 2007 », le téléphone sonne sans relâche à l’académie de Paris. « Ai-je le droit de choisir le collège de mon fils ? », « S’il choisit russe en première langue, pourra-t-il changer de collège ? », « Que se passe-t-il en cas de déménagement ? »... 120 appels par jour.

L’académie a mis en place depuis mardi matin un numéro de téléphone* et trois conseillères d’orientation pour répondre aux quelque 120 appels par jour.

« Normalement, les demandes de dérogations étaient closes en mars et les parents auraient dû avoir une réponse la semaine prochaine, explique-t-on au rectorat de Paris. Elles sont maintenant rouvertes jusqu’au 30 juin et beaucoup de familles qui n’en auraient pas eu l’idée tentent leur chance... » 2 000 demandes par an.

Cette année comme les précédentes, l’académie de Paris avait déjà reçu plus de 2 000 demandes de dérogations.

En général, environ une sur deux est satisfaite. Mais cette année, c’est le doute qui plane sur le nombre de dossiers qui sera déposé... et sur le taux de dérogations accordées. « En fonction des capacités d’accueil des établissements demandés et des questions de sécurité, nous ferons le maximum pour atteindre l’augmentation demandée par le ministre, explique l’académie.

Mais il ne faut pas oublier qu’à Paris on ne peut pas pousser les murs ! » « Un encouragement de la ghettoïsation ».

Et à la mairie de Paris, la pilule a du mal à passer... « Les déclarations du ministre sont un encouragement de la ghettoïsation, s’énerve Eric Ferrand, l’adjoint au maire de Paris pour les affaires scolaires et chargé avec d’autres élus, des parents d’élèves, des enseignants et l’académie de Paris de dessiner la carte scolaire.

Même si Paris est connu pour l’évitement, avec la carte scolaire, il y avait encore un petit obstacle moral, la mauvaise conscience... Mais c’est fini. » « Un effet d’annonce ».

Du côté de la FCPE, on est tout aussi réfractaire à ces annonces mais pour des raisons différentes. « Cette réforme est tout bonnement inapplicable à Paris, tranche Françoise Brugière, représentante du second degré au sein de la fédération des parents d’élèves.

Les bons collèges ne vont pas doubler leur capacité d’accueil en un été ! C’est donc simplement un effet d’annonce. » Réponse... à la rentrée.

* 01.44.62.44.90 du lundi au vendredi de 9 h 30 à 16 h 30.

Plus de renseignements et dossiers téléchargeables sur le site Internet de l’académie de Paris, ac-paris.fr.


Le Parisien du 8 juin 2007

mis en ligne le vendredi 8 juin 2007
par ML



  
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