Le bac, sésame pour l’enseignement supérieur

Un « véritable examen, pas du tout bradé. » Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos a pris la défense du baccalauréat, mercredi, à quelques jours du coup d’envoi de l’examen qui démarre lundi avec l’épreuve de philosophie.

« Depuis sa création sous Napoléon, le bac reste le sésame pour entrer à l’université », a rappelé le ministre, précisant que « 60% d’une classe d’âge environ l’obtient » et qu’« environ 20% (de prétendants) sont collés ».

Stagnation depuis les années 90

De fait, près de neuf bacheliers sur dix poursuivent des études supérieures : 40% s’engagent sur la voie d’études longues à l’université, 40 % préfèrent des cycles courts et plus de 7% tentent d’intégrer les classes préparatoires, de plus en plus demandées.

Alors le bac, « véritable examen » ou rite de passage symbolique ? L’ambition d’amener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat, gravée dans le marbre de la République depuis vingt ans semble s’être transformé en voeu pieux.

Depuis le milieu des années 1990, les chiffres montrent une stagnation, voire une baisse : en 2001, 62,8% d’une classe d’âge décrochait le diplôme, en 2006, 63,8%. « Le niveau du bac a augmenté, et il est très exigeant », remarque Christian Forestier, ancien recteur et membre du Haut conseil de l’Education.

C’est chez les bacs généraux qu’on observe un décrochage depuis cinq, six ans : 38% d’une classe d’âge y accédait en 1985, contre 33% seulement en 2001 et 34,6% en 2006. « Les 80% de l’époque ont été compris comme “80% de réussite au bac général” », explique Christian Forestier, mais, « si on regarde les textes, il est très clair que ce n’était pas ça ».

Ce sont au contraire les bacs professionnels, créés en 1985, et les bacs technologiques qui ont lancé la machine et continué à grossir les effectifs de jeunes arrivés au niveau bac. Mais, « le système s’est mal ficelé : les jeunes se retrouvent dans des formations par défaut », c’est-à-dire les élèves en échec en bacs pros et technos et les autres en bacs généraux, analyse Patrick Rayou, professeur de Sciences de l’Education à l’IUFM de Créteil-Paris XII.

Une histoire d’origine sociale

Et comme ces deux premiers diplômes sont « dévalorisés », les jeunes et leurs parents « perdent confiance dans le bac ». Résultat : « l’apprentissage et l’ANPE récupèrent les non bacheliers », en rupture avec le monde scolaire et qui jugent inutile de passer un diplôme qui ne leur garantit pas un meilleur travail, commente l’enseignant-chercheur.

Le bac reste en effet une histoire d’origine sociale, même si la massification a permis des progrès fulgurants, avec la multiplication par huit du nombre d’enfants d’ouvriers bacheliers depuis 1940. Mais les enfants de cadres restent majoritaires dans les filières d’excellence (bac S). Et dans les écoles ou prépas qui suivent.

C.F. avec AFP

mis en ligne le jeudi 7 juin 2007
par ML



  
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