Décharges horaires des profs : l’Élysée prend la barre

MARIE-ESTELLE PECH. Publié le 31 mai 2007

Le chef de l’État veut parler « les yeux dans les yeux » aux syndicats d’enseignants, qui réclament l’abrogation d’un décret allongeant leur temps de travail.

L’ÉLYSÉE reprend en main le dossier des « décharges horaires » des enseignants, un sujet qui agite la communauté éducative depuis six mois. Depuis que Gilles de Robien, alors ministre de l’Éducation, a publié un décret supprimant ces heures de travail qu’il jugeait fictives.Son successeur, Xavier Darcos, avait à coeur de régler rapidement la question afin de s’accorder d’emblée les bonnes grâces des enseignants. Un « geste officiel envers les syndicats » était prévu hier soir. À la dernière minute, le communiqué a été suspendu.

À l’approche des législatives, Nicolas Sarkozy aurait décidé de reprendre lui-même la main sur le dossier et d’organiser une table ronde avec les différents syndicats de l’Éducation nationale en compagnie de Xavier Darcos, selon l’entourage du ministre de l’Éducation. L’Élysée ne voulait pas confirmer hier soir cette information.

Pendant la campagne électorale, le président de la République avait promis de suspendre ce décret qui avait envoyé plusieurs fois les enseignants dans la rue. Pour supprimer 3 058 postes d’enseignants (ou postes équivalents temps-plein), Gilles de Robien s’était appuyé sur divers rapports, notamment celui de la Cour des comptes, qui révélaient que 28 000 enseignants (ou postes équivalents temps-plein) n’enseignaient pas devant des élèves, en raison d’« heures de décharge » consenties au titre d’un surplus de travail. Pour les quelque 30 000 professeurs visés, la suppression des décharges revient à réduire leur traitement de 100 euros par mois.

La tentation de la surenchère

Après avoir consulté les syndicats ces derniers jours, Xavier Darcos avait décidé de rétablir les moyens supprimés par le décret Robien, via des heures supplémentaires délivrées dans les établissements. Sur le thème cher au président de la République : « travailler plus pour gagner plus », plutôt que « travailler autant pour gagner moins ».

Il devait par ailleurs annoncer que le métier d’enseignant fera l’objet d’une réflexion globale dans les mois à venir. Le ministre de l’Éducation a dû remiser son texte, Nicolas Sarkozy ayant décidé de « parler les yeux dans les yeux » aux syndicats d’enseignants.

Et les cartes peuvent encore être rebattues. Car les syndicats pourraient être tentés de faire de la surenchère. Hier, le SNES, principal syndicat du second degré, continuait à réclamer le retrait complet du décret et surtout un collectif budgétaire pour débloquer des moyens supplémentaires pour la rentrée.

mis en ligne le jeudi 31 mai 2007
par ML



  
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