Une étrange enquête médicale sur les enfants parisiens

Une étrange enquête médicale sur les enfants parisiens

Source RUE 89

Par Jérôme Savre 14H34 14/05/2007

La semaine dernière, l’école de ma fille m’a remis un questionnaire étrange.

Cette étude organisée par l’Académie de Paris et la fondation MGEN pour la santé publique a pour but de suivre sur cinq ans des enfants scolarisés "pour mieux comprendre et prévenir certains troubles concernant la santé physique et psychique des enfants".

Il est précisé que ce questionnaire est "strictement anonyme" alors qu’il y a un numéro de dossier sur la première page de l’enquête et que de toute façon, ma fille serait sollicitée dans cinq ans.

Quand j’ai commencé à lire le contenu de l’enquête, j’ai été extrêmement surpris par le type de questions.

L’enquête rappelle étrangement le projet de loi sur le dépistage précoce des troubles du comportment chez le jeune enfant.

Quelques exemples de questions, qui concernent les parents, les frères et les soeurs :

-  a déjà connu une crise ou une attaque durant la quelle il s’est senti subitement très effrayé ou paniqué,

-  a déjà eu peur de sortir de chez lui seul, d’être dans la foule, de faire la queue, de passer sur un pont ou de voyager en bus, en train ou en voiture

-  a déjà eu l’habitude de vérifier, compter ou nettoyer de façon répétitive

-  a déjà eu des pensées déplaisantes ou obsédantes comme ne pas avoir bien fermé la porte, alors qu’elle était bien fermée, ou que certaines choses étaient sales alors que ce n’était pas le cas

-  a déjà été emprisonné, arrêté ou condamné pour un crime

-  a déjà tenté de mettre fin à ses jours et en dessous est précisé en italique : si oui, est-ce qu’il (elle) en est décédé ?

Il y a aussi une dizaine de questions sur la consommation d’alcool des parents. Et surtout celle-là : avez-vous été blessé ou quelqu’un d’autre a-t-il été blessé parce que vous aviez bu ?

Certaines questions portent sur les relations affectives parents/enfants, sur des angoisses possibles, la maladie, la dépression, la violence mais aussi sur le milieu social, les revenus...

J’ai refusé de répondre à l’enquête. Mais il y avait aussi quelques questions pour ceux qui refusaient de répondre. En proposant les motivations du refus : avez-vous peur, tout va bien, pas d’intérêt...

Et bien sûr la question sur la profession exercée et les revenus. J’ai refusé aussi.

Tout ça s’est passé avec le médecin scolaire lors de la visite médicale annuelle de mon enfant.

Au passage, il m’a été demandé (toujours pour l’enquête) si j’acceptais que des informations soient transmises quant au contenu de la visite médicale de mon enfant.

J’ai refusé à nouveau considérant qu’on me demandait de lever le secret médical...


Pour se faire une idée

 :

LIEN VERS LE SITE DE LA MGEN

http://www.fondationmgen.org/enqueteenfants.html

mis en ligne le mardi 15 mai 2007
par ML



  
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