Le marché de l’angoisse scolaire

Le marché de l’angoisse scolaire

Répondant à l’angoisse des familles, les cours privés de soutien scolaire sont davantage une réponse à la préparation d’un examen qu’un outil de lutte contre les difficultés des élèves.

Donner plus d’école à des élèves déjà en difficultés, est-ce vraiment accroître leurs chances de réussite ? Quelles alternatives existe-il ?

Difficile d’y échapper... Que l’on prenne le métro parisien ou les transports scolaires en Vendée, les offres marchandes de cours particuliers et autres services périscolaires à domicile multiplient les opérations de communication.

Aujourd’hui le soutien scolaire devient un marché rentable. Comment analyser cette évolution ? Personne ne peut d’abord reprocher aux parents d’avoir le souci de la réussite de leurs enfants. L’École doit pourtant être le premier lieu où s’effectue le soutien à l’élève. Or, parce que, notamment, les conditions, mais aussi la volonté, n’existent pas toujours, se développe un marché rentable, celui de l’angoisse scolaire.

Il ne se développe pas simplement en réduisant la part des cours non déclarés donné par le voisin, étudiant ou enseignant. Mais il constitue surtout un indicateur d’une compétition scolaire encore accrue, de notre incapacité collective à changer le cœur du système scolaire lui-même et de l’angoisse des parents, quitte à aggraver les inégalités scolaires au détriment des plus démunis. Ces entreprises s’appuient sur des aides fiscales sans cesse élargies, sur une réactivité sans faille, sur un diagnostic rapide des difficultés et des promesses de résultats ! En somme, elles s’érigent en image inversée de l’institution scolaire, comme le souligne Dominique Glasman.

Or la réussite des élèves passe par le suivi individualisé et l’accompagnement du travail personnel dans le temps scolaire et en relation avec l’accompagnement à la scolarité. La visée de l’accompagnement à la scolarité mis en place par nos associations et qui n’est pas une école après l’école, c’est susciter, entretenir, redonner l’appétit d’apprendre. C’est dans ce sens que les apports culturels et les pratiques de socialisation en font partie.

Le rôle de nos associations demeure :

-  Réaliser une intervention éducative et sociale plus large, prenant en compte l’élève dans sa globalité et son environnement.

-  Donner une priorité aux élèves exposés aux difficultés scolaires et sociales.

-  Chercher à renforcer les parents dans leur rôle d’éducateurs, en faisant émerger leurs savoir-faire.

-  Articuler ces dispositifs avec l’école

Aujourd’hui, nous devons tisser un maillage suffisamment fin, pour qu’aucun élève en difficulté ne passe au travers de ces diverses actions d’aide mis en place dans ou hors l’école. C’est le défi que nous devons relever pour faire réussir tous les élèves et assécher le marché de l’angoisse.

Damien Raymond

Ligue de l’Enseignement

mis en ligne le mercredi 25 avril 2007
par ML



  
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