Campagne télévisée choc contre le jeu du foulard

Selon les associations, un enfant meurt chaque mois par asphyxie pour se faire une sensation forte. À l’école ou à la maison.

VINGT-CINQ portraits d’adolescents s’entremêlent sur une douce mélodie enfantine. Tous sourient à l’objectif. Le clip dure soixante secondes, au terme desquelles claque ce slogan : « Ils ont joué au foulard. Ils en sont morts, comme des centaines d’autres. Arrêtons ce désastre. » Assez percutante pour provoquer une prise de conscience générale, une inédite campagne télévisée vient d’être lancée sur les principales chaînes françaises.

Initiée par l’association de parents d’enfants accidentés par strangulation, regroupant une centaine de familles endeuillées, elle pointe du doigt un des plus redoutables jeux d’évanouissement sévissant dans les cours de récréation. Le principe est simple : s’étrangler pour éprouver un état d’ivresse précédant la perte de conscience. Juste pour faire sensation et amuser les copains. « Au départ, les victimes se livrent à ces pratiques pour s’intégrer au groupe », explique Catherine Vince, membre de l’association qui a retrouvé le 8 juin 2005 le corps sans vie de son fils Gaspard, 8 an, pendu dans sa chambre. « Ensuite, ils les reproduisent à leur domicile, sans témoin, jusqu’au drame. En moyenne, un mineur trouve ainsi la mort chaque mois... »

« Tous les milieux sociaux »

Appelé aussi jeu du « cosmos », de la « grenouille », « rêve bleu » ou « rêve indien », le « foulard » est apparu il y a un demi-siècle sous les préaux sans que les autorités n’en mesurent de la gravité. « Beaucoup trop d’affaires, par ignorance des enquêteurs, sont classées comme des suicides ou des accidents », déplore Catherine Vince. Un même cri d’alarme est lancé par Magali Duwelz, qui revendique 600 adhérents au sein de son association SOS Benjamin. Son enfant avait été retrouvé pendu dans les toilettes de son collège de Clichy-sous-Bois, en 1995. Il avait dix ans et demi.

« Les jeux de non-oxygénation traversent tous les milieux sociaux », constate cette maman. Ils concernent une population plutôt masculine - les filles seraient souvent spectatrices -, située dans une tranche d’âge allant de 8 à 17 ans. SOS Benjamin estime que 208 enfants en mal d’ivresse ont perdu la vie depuis 1998. Le ministère de l’Éducation nationale, saisi du problème des jeux dangereux, met la dernière main à une plaquette de mise en garde. Longue de 16 pages, elle sera diffusée dès avril afin que les enfants ne s’amusent plus jusqu’à la mort.

mis en ligne le jeudi 15 mars 2007
par ML



  
BRÈVES

Free counter and web stats