Tragédie de Meaux : tous solidaires

Tragédie de Meaux : tous solidaires

22 décembre 2006 : La FCPE refuse que la sécurité des enfants soit sacrifiée par des économies de « bout de chandelle ».

Aucune cellule psychologique ne remplacera une politique responsable et un budget à la hauteur des enjeux.

La FCPE a une pensée toute particulière pour la famille du collégien de Meaux décédé hier au cours d’une bagarre entre élèves. Elle fait part de sa solidarité à l’équipe éducative de l’établissement qui s’était mobilisée dès la rentrée pour réclamer des moyens d’encadrement supplémentaires. Cet accident dramatique est aux yeux des parents d’élèves une conséquence du manque chronique de moyens de surveillance et d’encadrement dans l’Education nationale depuis plusieurs années.

La FCPE refuse que la sécurité des enfants soit sacrifiée par des économies de « bout de chandelle ».

Aucune cellule psychologique ne remplacera une politique responsable et un budget à la hauteur des enjeux.

Le ministre de l’Education nationale est comptable devant le gouvernement pour le budget de son ministère.

Il est aussi comptable devant les parents pour la vie de leurs enfants. Même s’il s’agit ici d’un drame exceptionnel, la FCPE ne peut que s’interroger sur l’incidence sur les comportements des enfants d’une violence banalisée.

Contact presse : Laurence Guillermou, tel 01 43 57 16 16


Un élève de 12 ans tué lors d’une bagarre dans un collège à Meaux

Un élève de 12 ans est mort jeudi dans un collège de Meaux (Seine-et-Marne) après avoir été frappé par un autre collégien de 11 ans et roué de coups à terre par d’autres élèves lors d’une bagarre après un cours d’éducation physique, selon des sources concordantes.

Le procureur de Meaux, René Pech, interrogé par l’AFP, a jugé qu’il fallait attendre les résultats de l’autopsie en cours pour déterminer la cause du décès. La PJ de Versailles a été saisie de l’enquête. Deux collégiens ont été placés en rétention judicaire (garde à vue pour les mineurs de moins de 13 ans).

L’élève de sixième du collège Albert-Camus, situé en ZEP et classé "ambition réussite", est mort jeudi après-midi après avoir été victime d’un coup porté par un autre collégien qui l’a fait chuter, selon des sources policières, confirmant des informations du site internet du Figaro.

"Un enfant a donné un coup à un autre, au cours d’une bagarre. L’enfant ne s’est pas relevé, et les pompiers ne sont pas parvenus à le ranimer", a-t-on expliqué de source policière.

Selon plusieurs sources proches du dossier, plusieurs coups ont ensuite été portés par d’autres élèves alors que le garçon était à terre. Le collégien n’a pu être ranimé. Il est mort sur place d’un arrêt cardiaque.

Les faits se sont déroulés en fin de matinée après un cours d’éducation physique dans un gymnase mis à la disposition du collège par la municipalité, selon la source proche du dossier.

Selon une source policière, il y avait un "contentieux et des différends" entre les trois protagonistes d’une même classe de 6ème et la victime, qui leur aurait "pris plusieurs fois le ballon pendant un match de hand-ball jeudi matin".

A la fin d’un cours de hand-ball, le professeur "demandait aux enfants de rapporter leurs maillots, il a vu un attroupement et un élève tomber", a raconté à l’AFP Jean Lafontan, secrétaire général du Snep-FSU, majoritaire chez les professeurs d’EPS. "Il s’est immédiatement porté à son secours mais il était déjà inanimé", a-t-il ajouté, précisant que le jeune enseignant était "sous le choc".

Le professeur a réuni la classe de 6ème après l’agression. "L’auteur principal des coups", âgé de 11 ans, en "aurait profité pour fuir chez lui", indiquait-on de source policière. Selon le parquet, il n’y a pas eu d’intention de fuite. L’enfant a été interpellé à son domicile par la PJ dans l’après-midi. Un second collégien a été interpellé sur place.

Les deux collégiens étaient jeudi en audition à la PJ en "rétention judiciaire", propre aux mineurs, pour une durée de 12 heures qui peut être renouvelée une fois. Ils doivent ensuite être présentés à un juge, selon la même source.

Le ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, s’est dit "très choqué" par le drame. Jean-François Copé, maire de Meaux et porte-parole du gouvernement, "bouleversé".

De son côté, Hamana Farride, le président de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, a mis en cause l’école et le professeur, parlant d’"un gros problème de vigilance et d’encadrement".

Une cellule de soutien psychologique a été mise en place dans l’après-midi pour les élèves de la classe de la victime.

Les enseignants du collège alertaient "depuis deux mois" leur hiérarchie à propos des problèmes de violence et du manque de personnels dans l’établissement, selon le Snes-FSU.


Jean-François Copé, maire de Meaux et porte-parole du gouvernement, se dit "bouleversé" par le drame qui a coûté la vie à un collégien de sa ville, dans un communiqué.

Après la mort d’un collégien de Meaux, scolarisé en classe de 6ème et âgé de 12 ans, jeudi à Meaux, M. Copé s’est dit "bouleversé par ce drame" et a "fait part de toute sa compassion à la famille de la jeune victime".

Il a indiqué s’être "entretenu avec la principale du collège pour l’assurer de son soutien et de celui de l’ensemble de son équipe municipale".

"En contact étroit avec le Parquet de Meaux qui a ordonné une enquête afin de déterminer les causes de cette tragédie", le maire de Meaux "se tient informé de l’évolution de la situation".

Il annonce qu’il "rencontrera, sur place, vendredi, la principale du Collège et la famille de la victime, dont le père est membre du personnel non enseignant de l’éducation nationale".


SOURCE SNES

Les enseignants du collège Albert Camus de Meaux, dont un collégien de 12 ans a été tué lors d’une bagarre jeudi, alertaient "depuis deux mois" leur hiérarchie à propos des problèmes de violence et du manque de personnels dans l’établissement, selon le Snes-FSU.

"Ca fait deux mois qu’ils disent que ça ne va pas", a expliqué à l’AFP une représentante du Snes-FSU, majoritaire dans le second degré.

"Le 18 octobre, les professeurs ont rédigé une lettre en commun pour demander des moyens supplémentaires", a-t-elle ajouté, assurant qu’ils étaient "déçus" de n’avoir pas obtenu les moyens promis dans le cadre du classement de l’établissement en ambition réussite.

Ils n’ont eu que "quatre assistants pédagogiques sur les 12 promis à la rentrée".

Mi-novembre, "les enseignants ont rédigé un préavis de grève mais ne l’ont pas déposé parce que la principale leur a donné des temps de réunion pour trouver des solutions en interne", a précisé cette source.

Lundi, a-t-elle poursuivi, "un enseignant a été bousculé, un autre a reçu des coups de pieds et de poings en séparant une bagarre, une surveillante a été arrosée d’eau de javel et une élève hospitalisée après avoir été battue à la sortie".

Les enseignants de ce collège de 602 élèves étaient donc en train de rédiger une procédure de "droit d’alerte", première étape avant le droit de retrait.

"C’est toujours la veille des vacances que ça monte, c’est la première fois cette année que les vacances de Noël interviennent si tard", a-t-elle par ailleurs commenté.

Selon cette représentante syndicale, "la principale a demandé aux profs de ne pas communiquer à la presse". "Le droit d’expression est parfois limité, surtout quand on démolit l’ambition réussite : c’est du vent, il ne suffit pas d’appeler un établissement +ambition réussite+ pour que ça marche", a-t-elle estimé, jugeant que "ça ne coûte rien de dire qu’on met 12 assistants pédagogiques si on n’arrive pas à les recruter".


Le Parti socialiste a dénoncé jeudi la "montée endémique de la violence" après la mort d’un collégien de 12 ans, à l’issue d’une bagarre entre plusieurs élèves à Meaux (Seine-et-Marne).

"Le Parti socialiste est horrifié par ce nouveau drame", a indiqué dans un communiqué Delphine Batho, secrétaire nationale chargée de la sécurité, en adressant "un message de solidarité et de soutien" à la famille de l’élève et à "la communauté scolaire de son collège".

Le PS "demande que toute la lumière soit faite très rapidement sur les circonstances de ce décès". Il "exprime son inquiétude face à une montée endémique de la violence dont la gravité n’a pas été prise en considération et qui n’entraîne pas à ce jour la mobilisation générale indispensable".

mis en ligne le jeudi 21 décembre 2006
par ML



  
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