Quel avenir pour l’école ?

Quel avenir pour l’école ?

Le permanent Nouvelobs.com publie l’intégrale d’un sondage réalisé par TNS Sofres auprès des parents d’élèves et des enseignants. Ce qui va bien, ce qui va mal, très mal...

CONTRE les idées reçues. Contrairement à ce qu’on croit, une majorité de Français pensent que l’école marche bien. Et même plutôt mieux qu’avant. Contrairement à ce qu’on croit, ils ne regrettent pas l’école de papa. Néanmoins, les mêmes Français déplorent qu’elle n’éduque plus, et qu’elle enseigne si mal les bases de la langue, de la lecture et de l’orthographe.

Voilà les leçons d’un sondage TNS Sofres dont le permanent nouvelobs.com a eu la primeur, et qu’il publie dans son intégralité. L’enquête, réalisée fin septembre auprès des enseignants et des parents, a été commandé par les éditions Nathan, pour "Les entretiens Nathan" qui se tiennent à la Maison de l’Unesco samedi 14 octobre, autour du thème : "Quel avenir pour l’école ? Entre passéisme nostalgique et utopie modernise".

Pas de raz-de-marée nostalgique

L’école a donc plutôt la cote : 77% des parents et 74% des enseignants estiment qu’elle fonctionne bien. Et qu’elle a progressé depuis cinquante ans.

On n’observe pas de raz-de-marée nostalgique. En revanche, ils estiment que la situation s’est dégradée depuis dix ans. Ce qui va très mal ? L’école ne sait plus ni éduquer. 84% des sondés déplorent que l’autorité du maître se soit perdue, et que la transmission des valeurs morales et civiques se fasse moins bien. Autre critique : les élèves n’apprennent pas aussi bien qu’avant, selon 51% des parents et 56% des enseignants. Et si certaines disciplines comme les langues vivantes, les sciences, les mathématiques mêmes, sont mieux enseignées, le constat est catastrophique pour la lecture et l’écriture, la grammaire et l’orthographe.

Les enseignants sont partagés

La famille enseignante apparaît partagée. Les jeunes abordent le métier avec plus de confiance que leurs aînés : 31% des professeurs de moins de 35 ans estiment que l’école fonctionne mieux, mais seulement 19% de ceux qui ont plus de 50 ans. Même décalage quand ils apprécient la prise en charge des élèves qui peinent, ou la transmission des connaissances...Est-ce un effet d’usure chez les plus âgés ? Ou le bénéfice, chez les plus jeunes, d’une formation mieux adaptée, et de pratiques de travail en commun qui facilitent le métier ? Les deux sans doute.

Les attentes des parents

Autre intérêt de l’étude : la radiographie des parents d’élèves. Les attentes vis-à-vis de l’école fluctuent selon le milieu social, cadres et professions intellectuelles étant plus critiques de l’école que les employés et les ouvriers. Quant à l’école de demain, outre l’instruction et l’éducation à la vie en société, qui restent des priorités, 48% des parents et 35% des professeurs pensent qu’elle doit préparer à la vie professionnelle. Ils souhaitent des élèves moins nombreux par classe, le développement du soutien individuel, une pédagogie plus concrète, une meilleure place aux nouvelles technologies....Enfin, dans cette école idéale, ils y réclament davantage d’adultes, de surveillance...et de sanctions. 75% des parents en redemandent, contre 59% des enseignants. Quant à l’épanouissement des élèves, ils s’en soucient peu, les parents encore moins que les enseignants.

Caroline Brizard, journaliste au Nouvel Observateur (le mercredi 11 octobre 2006)

mis en ligne le jeudi 12 octobre 2006
par ML



  
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