L’enfant, victime collatérale du mari violent

L’enfant, victime collatérale du mari violent 20 Minutes | édition du 10.10

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Quand un homme frappe sa femme à la maison, l’enfant n’est pas témoin, il est victime. C’est ce que la deuxième campagne contre les violences faites aux femmes, lancée aujourd’hui en Seine-Saint-Denis, va s’attacher à montrer.

Vingt-quatre villes - dix-sept de plus que lors de la première édition - se sont engagées à organiser des débats et à mener une campagne d’affichage.

En 2003, l’objectif était de « faire changer la honte de camp » et de déculpabiliser les femmes battues. Désormais, il s’agit d’aborder pour la première fois la violence conjugale du point de vue de l’enfant. Un axe original et percutant, qui arrive pourtant bien tard.

« Il est aberrant d’entendre quelqu’un dire qu’un mari violent peut être un bon père, ou qu’un homme qui tabasse sa femme, ça ne concerne que le couple. L’enfant voit tout, comprend tout, alors il trinque tout autant », explique le Dr Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne. De fait, les dégâts psychologiques occasionnés sur les enfants sont dramatiques (lire ci-dessous). Et d’après l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, le seul existant en France, le risque qu’un enfant victime subisse lui-même des maltraitances plus tard serait six à quinze fois plus élevé. Le mythe du « bon père » qui serait violent seulement avec son épouse en prend un coup.

Les messages de la campagne sont simples et forts. Ils sont fondés notamment sur les dessins d’un garçon de 9 ans, réalisés au foyer mère-enfant de l’association SOS Femmes 93*. « Les enfants dessinés n’ont ni oreilles, ni bras, fait remarquer le médecin. Cela montre combien ils ont peur, mais aussi à quel point ils se sentent impuissants. »

Pour le seul département de la Seine-Saint-Denis, environ 36 000 femmes âgées de 20 à 59 ans et issues de toutes les couches de la population sont victimes chaque année de violences conjugales. Soit près d’une femme sur dix, comme dans les autres départements de la région. La plupart d’entre elles ont des enfants, spectateurs de l’humiliation, des injures et des coups infligés par leur père à leur mère.

Laure de Charette

* SOS Femmes 93 : 01 48 48 62 27

mis en ligne le mardi 10 octobre 2006
par ML



  
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