210.700 IVG en France en 2004, les IVG médicamenteuses en hausse

210.700 IVG en France en 2004, les IVG médicamenteuses en hausse Par Martine VERON

PARIS (AFP) - Le recours à l’interruption volontaire de grossesse en France métropolitaine a progressé en 2004, après un léger repli en 2003, avec quelque 210.700 femmes concernées dont 11.500 mineures, la voie médicamenteuse s’imposant de plus en plus, selon la Drees (ministère).

La légère baisse du nombre d’IVG en 2003, la première observée depuis 1996, ne s’est pas confirmée en 2004, indique la Drees (ministère de la Cohésion sociale) qui estime à 210.700 le nombre de femmes ayant eu recours à une IVG en 2004, contre 203.000 en 2003.

"Depuis leur autorisation en 1975, le nombre d’IVG n’a que peu varié en France métropolitaine", fait cependant remarquer la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, dans son étude rendue publique jeudi.

Sur 1.000 femmes âgées de 15 à 49 ans, 14,6 ont eu recours à une IVG en 2004, contre 14,1 en 2003, et 12,3 en 1995.

Au total, 75% des IVG sont pratiquées chez des femmes âgées de 18 à 35 ans, mais parmi elles, ce sont les plus jeunes, entre 20 et 24 ans, qui y ont le plus souvent recours (27 IVG pour 1.000).

Les IVG ont progressé en particulier chez les mineures (+32% entre 1990 et 2004), concernant en 2004 11.500 jeunes filles âgées de 15 à 17 ans, soit une sur 100.

La grande majorité des IVG sont réalisées dans le secteur hospitalier public, 70% contre 60% en 1990. Dans près de 90% des cas, l’hospitalisation ne dépasse pas 12 heures et la durée moyenne entre la date de la demande d’IVG déposée auprès d’un établissement de santé et l’acte est d’environ 9 jours, un délai très stable d’année en année.

La part des IVG médicamenteuses, qui peuvent être pratiquées jusqu’à sept semaines d’aménorrhée (fin de la cinquième semaine de grossesse), dans un établissement public ou privé autorisé, continue de croître : 42% en 2004 contre 38% en 2003 et 20% en 1998.

L’IVG médicamenteuse constitue une alternative médicale à l’IVG par aspiration utérine (méthode instrumentale ou chirurgicale).

Depuis juillet 2004, les IVG médicamenteuses peuvent être pratiquées dans le cadre de la médecine de ville, par un praticien ayant passé une convention avec un établissement hospitalier. En 2004, selon la Drees, on comptait moins de cent médecins conventionnés, et le nombre de femmes concernées s’est élevé à 2.185.

Au 31 décembre 2005, environ 500 médecins avaient passé une convention et le nombre d’IVG médicamenteuses hors hôpital, a indiqué récemment le ministère de la Santé, a atteint 10.000.

De fortes disparités régionales dans le nombre d’IVG persistent. Elles sont plus fréquentes en Ile-de-France et dans le Sud (Corse, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côtes-d’Azur). Dans les départements d’Outre-Mer, le taux s’est élevé en 2004 à 41,7 pour 1.000 femmes en Guadeloupe et à 33,8 en Guyane.

"La tendance à la hausse du nombre d’IVG ne semble pas s’expliquer par une moindre utilisation des contraceptifs", souligne la Drees.

En 2005, en effet, 71% des personnes âgées de 15 à 54 ans qui ont eu des rapports sexuels durant les douze mois précédant ont utilisé un moyen contraceptif.

Chez les jeunes, la contraception est aussi de plus en plus courante. La pilule reste le moyen de contraception le plus pratiqué : 68% des 15-19 ans disent la prendre et 56% disent utiliser le préservatif.

Par ailleurs, les femmes connaissent et utilisent de plus en plus la contraception d’urgence, accessible en pharmacie sans prescription médicale depuis juin 1999. Selon le baromètre santé 2005, 13,7% des femmes disent y avoir eu recours au cours de leur vie.

mis en ligne le lundi 9 octobre 2006
par ML



  
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