Les jeunes boivent moins mais se saoulent plus

Une enquête nationale analyse les comportements des adolescents de 17 ans : un sur dix s’est enivré à dix reprises l’an dernier.

Tout juste sortis de l’adolescence, ils sont de plus en plus nombreux à boire pour s’enivrer. Depuis cinq ans, l’enquête nationale Escapad (1) observe les usages de drogue des Français de 17 ans. Les résultats de l’exercice 2005, publiés ce matin, montrent une tendance à l’ivresse plus prononcée que par le passé. En 2005, près d’un jeune sur dix (9,6%) confie avoir été saoul au moins dix fois au cours de l’année écoulée. Ils n’étaient que 6,6% à avoir fait cette réponse en 2003.

« Les indicateurs de l’ivresse régulière et de la consommation excessive (NDLR : plus de cinq verres en une seule occasion), tous deux en hausse, seront à surveiller dans les années à venir », confirme Jean-Michel Costes, directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. À suivre aussi, la diffusion dans cette classe d’âge, normalement peu concernée, de la cocaïne, du poppers et des amphétamines. Ces trois produits ont connu une hausse significative depuis 2003, même si leur expérimentation reste encore marginale.

Les excès des jeunes Français demeurent cependant moins fréquents que ceux de leurs voisins européens du même âge (voir infographie). En France, la consommation régulière d’alcool a d’ailleurs légèrement diminué au cours des deux dernières années. En 2005, 18% des garçons et 6% des filles ont bu au moins dix fois dans le mois écoulé, alors qu’ils étaient 21 et 7,5% en 2003.

30% ont bu avec leurs parents

Escapad renseigne aussi sur les habitudes de ces mineurs. Ils boivent surtout le week-end, à l’occasion de fêtes ou d’anniversaires, et entre amis. Trente pour cent des sondés ayant bu au cours du mois écoulé disent l’avoir fait avec leurs parents. L’ivresse est surtout recherchée par les garçons, qui préfèrent la bière et les alcools forts au vin. Le premix - un mélange d’alcool et de soda imaginé pour séduire les jeunes - est, après la bière, la boisson la plus populaire.

Quatre questions inédites, portant sur d’éventuelles prises de risques sur la route, ont également été posées aux jeunes appelés. Résultat : plus de 16% des sondés déclarent avoir conduit leur deux-roues sous l’emprise d’un produit psychoactif (après avoir bu pour 6,2% des jeunes, fumé du cannabis pour 4,3% et fait les deux pour 5,8%). Des résultats préoccupants alors que ces jeunes passeront bientôt leur permis de conduire.

La consommation de cannabis est également comparée avec 2003. Elle s’avère stable. « Après la hausse continue observée au cours des années 1990, un palier pourrait avoir été atteint », indiquent les auteurs de l’étude. Un adolescent sur deux a déjà essayé ce produit, tandis que 15% des garçons et 6% des filles en font un usage régulier.

Mais, selon Jean-Michel Costes, l’évolution majeure d’Escapad concerne le tabac. Son expérimentation, comme son usage, enregistrent un recul de cinq points par rapport à 2003. Si, à 17 ans, 72% des Français ont déjà goûté au tabac, un tiers des fumeurs quotidiens dit avoir réduit sa consommation, après les hausses du prix des cigarettes. Un autre tiers, ayant tenté d’arrêter, a échoué.

(1) Sondage réalisé entre mars et juin 2005, lors la journée d’appel de préparation à la Défense.


Le Figaro du 12 septembre 2006

mis en ligne le mardi 12 septembre 2006
par ML



  
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